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lundi 18 mai 2015

Coule la Seine

Claude Izner, Sang dessus dessous, 10/18, coll. Grands détectives, 2013 [274 p.]


Mon résumé :
    Milo Jassy, bouquiniste des Quais de Seine, apprend une terrible nouvelle : son ancien ami, Roland, est retrouvé étouffé et poignardé dans sa librairie. Bien malgré lui, Milo va mener l’enquête…

Ce que j'en pense :
     Un récit qui emporte facilement même si l’enquête part dans tous les sens. Les personnages sont trop multiples. Milo est à la recherche de quasiment rien – tout lui arrive tout seul, sans trop d’effort. Il est le pantin d’un criminel et tombe gaiement dans tous les pièges tendus.
J’ai, par contre, bien aimé la langue et les dialogues gouailleurs. Un seul bémol : ils font « années cinquante » alors que nous sommes censés être en 1998…

   La plongée dans la capitale est aussi agréable.

   Le récit est cependant brouillon et embrouillé. La fin est glaçante et décevante : le coupable est identifiable dès les premières pages, et la façon dont les auteurs s’en débarrassent est d’une honteuse facilité. Le charme un peu suranné de l’enquête et le ton maîtrisé des auteurs sauvent fort heureusement l’ensemble. Ce qui me donne envie de me plonger dans la série des enquêtes de Victor Legris.

   En bref, un récit vite lu et qui sera vite oublié.


 
Musique :


samedi 25 octobre 2014

Autopsie d'un best-seller

Joël Dicker, La Vérité sur l'Affaire Harry Québert, Ed. de Fallois, 2012 [665 p.]


 
Mon résumé :

     Aurora. 2008. Harry Quebert, grand écrivain américain, est accusé, trente ans après les faits, de l'assassinat de Nola Kellergan, 15 ans. Marcus Goldman, son élève et fidèle ami, jeune écrivain à succès en quête d'inspiration, se lance à corps perdu dans sa défense.


Ce que j'en pense :
         
Un pavé que je n'ai pas lâché.
J'ai aimé les trente leçons sur la vie et l'écriture qui reflètent le contenu de chacun des chapitres.
J'ai aimé la complicité entre Marcus et Perry Gahalawood, chef de police - tous deux en quête d'une seule chose, la vérité.
J'ai aimé la fluidité et la maîtrise de l'écriture.
J'ai aimé l'intrigue et ses nombreux rebondissements. J'ai aimé être baladée par l'auteur dans ma recherche de suspects. Les soupçons se font et se défont.
J'ai aimé l'humanité des personnages, leurs forces et leurs fêlures.
J'ai aimé la peinture d'une petite ville américaine.
En bref, un roman agréable qui n'échappe pas aux clichés du genre mais qui se lit volontiers.

 
 
Musique :



Challenge :

dimanche 19 mai 2013

Plongée dans l'horreur

Jean-Baptiste Harang, Bordeaux-Vintimille, Grasset, 2013 [121 p.]


Mon résumé :

        Rachid Abdou, jeune algérien de 26 ans, prend place à bord du Bordeaux-Vintimille, voiture 113, dans la nuit du 13 au 14 novembre 1983. Il ne se doute pas que, dans quelques heures, il deviendra le bouc émissaire de trois jeunes candidats à la Légion étrangère qui le roueront de coups, le poignarderont et le jetteront sauvagement sur les rails.


Ce que j'en pense :
         
         Je ne l'ai pas lu comme un roman mais bien comme le récit journalistique d'un fait divers, un terrible fait divers. L'auteur a d'ailleurs suivi l'affaire à l'époque en tant que journaliste pour Libération.
        

        Il en livre une tragédie implacable.

        Le récit est court, dénué d'émotions et de jugements, à l'écriture clinique, acérée, perturbante.


        Rachid, qui rentre discrètement à Oran, déçu que la rencontre avec Patricia, sa correspondante bordelaise, n'ait pas abouti sur autre chose, et enchanté de l'accueil des français, va connaître l'horreur aux prises de trois aspirants légionnaires ivres d'alcool et de rage.


        En ressort le malaise. Malaise face à ces quelques minutes de violence extrême, quasi inexplicables et inexpliquées. Malaise face au silence et à l'indifférence des 95 témoins présumés. S
eul le personnage du contrôleur, Florent Lopez, porte l'humanité dans cette sordide affaire - seul à tenter de sauver le jeune homme et seul à se sentir coupable de sa mort.

        Un récit glacé et glaçant à ne pas manquer.


Extrait :

"Mon fils, je l'ai élevé comme un arbre. Et je ne l'ai plus revu. J'ai planté un arbre et on me l'a arraché." [p.103]


Musique :




Challenge :