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lundi 18 mai 2015

Coule la Seine

Claude Izner, Sang dessus dessous, 10/18, coll. Grands détectives, 2013 [274 p.]


Mon résumé :
    Milo Jassy, bouquiniste des Quais de Seine, apprend une terrible nouvelle : son ancien ami, Roland, est retrouvé étouffé et poignardé dans sa librairie. Bien malgré lui, Milo va mener l’enquête…

Ce que j'en pense :
     Un récit qui emporte facilement même si l’enquête part dans tous les sens. Les personnages sont trop multiples. Milo est à la recherche de quasiment rien – tout lui arrive tout seul, sans trop d’effort. Il est le pantin d’un criminel et tombe gaiement dans tous les pièges tendus.
J’ai, par contre, bien aimé la langue et les dialogues gouailleurs. Un seul bémol : ils font « années cinquante » alors que nous sommes censés être en 1998…

   La plongée dans la capitale est aussi agréable.

   Le récit est cependant brouillon et embrouillé. La fin est glaçante et décevante : le coupable est identifiable dès les premières pages, et la façon dont les auteurs s’en débarrassent est d’une honteuse facilité. Le charme un peu suranné de l’enquête et le ton maîtrisé des auteurs sauvent fort heureusement l’ensemble. Ce qui me donne envie de me plonger dans la série des enquêtes de Victor Legris.

   En bref, un récit vite lu et qui sera vite oublié.


 
Musique :


mercredi 4 décembre 2013

De Pi en pis...

Eliette ABECASSIS, Le Palimpseste d'Archimède, Albin Michel, 2013 [394 p.]



Mon résumé :
     
         Paris. Un professeur de Normale Sup', Robert Sorias, mathématicien, est retrouvé assassiné, éviscéré. Joachim, brillant élève de cette grande école, va assister son charismatique professeur de philosophie, Elsa Maarek, sur cette enquête. Bientôt, de nouveaux meurtres sont perpétrés, tous portant la trace du nombre Pi...
  
Ce que j'en pense :
               
            Un récit pas vraiment extraordinaire...

           L'écriture n'a rien de remarquable. J'ai été agacée par certains fils narratifs épais. L'auteur use de tournures de facilité pour introduire des explications, ne peut s'empêcher de repréciser certains éléments du récit, etc. Cela manque cruellement de subtilité.


           Ayant souvent l'impression de perdre mon temps, j'ai failli abandonner à de nombreuses reprises.


           L'intrigue policière a un point de départ attractif : le palimpseste d'Archimède. La suite est plutôt mitigée...
Rebondissements et suspens sont présents. J'ai aimé le duo formé par Joachim et son professeur ; ils m'ont fait penser au couple Watson-Holmes.

           Malgré le niveau intellectuel que l'auteur attribue au jeune héros, Joachim est à notre portée et nous entraîne de manière fluide dans l'enquête. On le suit également en parallèle dans son parcours initiatique.

           La fin est extrêmement décevante : l'auteur qui, dès le départ, nous fait miroiter un secret absolu, celui de l'Univers (rien de moins), le résolve de manière hautement triviale.

           Le côté "érudit" de l'ouvrage est abscons. J'ai eu la désagréable impression d'un livre qui donnait à voir. Les connaissances de l'écrivain sont intéressantes, mais ostensibles. Cela au détriment du récit qui en devient fourre-tout : mythes antiques, tantrisme, énigmes mathématiques, mystères, ésotérisme, paléographie, digressions philosophiques, histoire des jésuites, spiritualités diverses, etc.
Eliette Abécassis nous fait par contre voyager de manière habile dans le temps, et nous plonge entièrement dans le monde prestigieux de la rue d'Ulm et de ses rites et coutumes - monde dépeint comme celui d'un entre-soi, ce qui m'a quand même un peu gênée...


           En fermant le livre, je reste sur une impression de froideur et d’apprêté qui me laisse en retrait.

           En bref, un livre construit et recherché ni attachant ni marquant.


Musique :





mercredi 18 septembre 2013

D'une rue à l'autre...

Jérôme Attal, Le voyage près de chez moi, Stéphane Million Editeur, 2013 [205 p.]



Mon résumé :
              
      Jérôme déménage. Après dix-sept années passées dans son petit appartement parisien, il décide de rejoindre la rue d'en face. Mais, partir, même à deux pas de chez soi, n'est pas chose anodine...
  
Ce que j'en pense :
         
                Ayant à mon actif quelques déménagements, je dois dire que le sujet m'attirait. J'étais curieuse de savoir comment tirer un roman d'un événement aussi trivial.
     
            Le récit est bien mené. L'écriture est vive et prête à sourire. Je reste toutefois sceptique sur la rapide obsolescence du récit du fait de références très contemporaines (TV, chansons, etc.).

        Jérôme entreprend son déménagement avec, pour seule aide, son petit caddie jaune. Au détour de ses allées et venues, il revient sur sa vie, son passé, ses petites joies, ses ratés.
Et, même si, comme nous le dit l'auteur, déménager est relier un point A à un point B, il n'empêche le voyage intime, le déferlement des souvenirs. Où les femmes tiennent toujours une grande place.

        Au déménagement s'ajoute alors une petite intrigue amoureuse, le dernier challenge de notre narrateur : aborder Alexa, sa jolie voisine, dont il est follement attiré et à qui il n'a jamais osé parler.
Est-ce, quand les jours sont comptés, qu'on prend conscience de ce que l'on n'a pas réalisé et que l'on essaye de se donner le courage nécessaire pour y parvenir ?
En tout cas, les stratégies utilisées pour arriver à entrer en communication avec la jeune femme sont à la fois touchantes, pathétiques et drôles.

     Finalement, Jérôme, c'est un peu chacun de nous qui, en abordant l'inconnu, revient sur son passé.
     En bref, un livre plaisant.


La phrase que je retiens :

 " Un appartement sans livres, c'est comme une orgie sans kleenex " (p.37)


Musique :





Challenge :