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mardi 1 novembre 2016

mardi 30 août 2016

"Ma chère petite fille..."

Marceline Loridan-Ivens et Judith Perrignon, Et tu n'es pas revenu, Grasset, 2015 [106 p.]


J'ai emprunté ce livre un peu par hasard. Un peu parce que le titre me parlait, un peu parce que certaines critiques sur le récit me sont revenues en mémoire.
Et comme le hasard fait souvent bien les choses, le récit m'a beaucoup touchée.
Parce que ce n'est pas un roman historique. Parce qu'il traite de l'après, l'après-horreur, de l'indicible. Parce que c'est une vie, deux vies perdues, et d'autres brisées.
Marceline et son père Schloïme sont déportés à Auschwitz-Birkenau en 1944. "Il y avait entre nous des champs, des blocs, des miradors, des barbelés, des crématoires, et par dessus-tout, l'insoutenable incertitude de ce que devenait l'autre" [p.9]. La prophétie de son père s'accomplit : la jeune fille revient.
Mais, comment vivre après l'horreur concentrationnaire.
Marceline s'accroche en tentant de se remémorer la lettre que son père a réussi à lui transmettre durant leur captivité. En vain. Comme ce deuil impossible et cette vie difficile à mener.
C'est un récit implacable et sans espoir, qui se lit dans un souffle et bouleverse profondément.

samedi 9 mai 2015

Où est la vie ?...

David Foenkinos, Charlotte, Gallimard, 2014 [220 p.]
 

     Charlotte est ma deuxième lecture de David Foenkinos, auteur que j'avais découvert – et plutôt apprécié – avec La Délicatesse. Dans son dernier roman, il revient sur la vie de l'artiste Charlotte Salomon, jeune femme gazée sous le régime nazi.

   L'histoire est terrible : le récit s'ouvre sur le suicide de la tante de Charlotte à dix-huit ans, et se clôt sur la mort de son premier amour. Entre temps, sa mère et sa grand-mère se suicident, son grand-père meurt, Charlotte est exécutée... L'intensité des événements historiques et dramatiques est forte. Aussi forte que la peinture du personnage est fade...
Je suis déçue car David Foenkinos semble fasciné par l'artiste, mais ne parvient pas à transmettre cette passion. Il nous peint un ectoplasme. Charlotte ressort transparente et indolente, alors que sa vie et son œuvre prouvent le contraire.
Seule sa fin est décrite puissamment. Ce sera un de mes rares frissons dans le récit.

Le roman est au-delà du sobre, il n'est pas habité... Ce qui laisse une lecture agréable, mais sans plus. Dommage...

Les plus beaux mots d'amour qu'on puisse entendre :
 
« Puisses-tu ne jamais oublier que je crois en toi ? » [p. 129]

  
Musique :