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dimanche 24 mai 2015

1 + 1 + 1

Nelly Alard, Moment d'un couple, Gallimard,2013 [376 p.]
 


Mon résumé :
     
        Juliette est réveillée dans sa vie plutôt tranquille par l’aveu subite de son mari : il la trompe. A ses côtés, elle va devoir affronter la perte de confiance d’une part, et une maîtresse plutôt envahissante d’autre part.

Ce que j'en pense :
      
         Je suis mitigée…
         L’écriture est agréable. Le récit est dynamique et acéré. Nelly Alard use de nombreuses touches d'humour qui rendent la lecture plaisante.
On apprécie rapidement le personnage de Juliette qui se (dé)bat et porte de nombreuses personnes et souffrances à bout de bras.
On a aussi parfois du mal à la comprendre. Si Olivier, son mari, n’arrive pas à rompre avec sa maîtresse, Juliette, quant à elle, ne parvient pas à se sortir d’un mariage qui ne lui convient plus vraiment et accepte des écarts qu’elle n’aurait jamais imaginé pouvoir encaisser. Elle repousse sans cesse les limites mentales qu’elle s’était fixée pour ses enfants, pour Olivier, pour leur couple.
C’est pourtant une femme forte qui a surmonté de nombreuses épreuves, ne se plaçant jamais dans une posture de victime.
Dans cette épreuve, elle ne se reconnaîtra non plus comme telle. Jamais Olivier ne la reconnaîtra comme telle. A son détriment, souvent. Seule la fin peut être un pied de nez de notre héroïne ou une terrible facétie de l’auteure. Ironie de la vie…
      J'avoue sinon être embêtée pour en dire plus. J’ai lu le récit il y a de nombreux mois et il ne m'en reste plus grand-chose... Il est vrai aussi qu'au même moment j'avais entre les mains De là, on voit la mer de Philippe Besson qui traite également de l’adultère et, qui, même si le point de vue est différent, est, par la langue et l’émotion, nettement bien au-dessus de celui-ci.
     En bref, un récit plaisant, mais que l’on oublie vite.

Musique :


dimanche 11 mai 2014

Sous le soleil de méditerranée

Philippe BESSON, De là, on voit la mer, Julliard, 2013 [204 p.]


 
Mon résumé : 
         
        Louise est écrivain et part chercher la tranquillité et la solitude en Italie pour rédiger son prochain roman. Dans la chaleur de l’automne, elle y croise Luca, de vingt ans son cadet, qui deviendra son amant.
 
Ce que j'en pense :
               
        J’ai beaucoup aimé.

      Ce récit sensible et touchant traite autant du processus de création que de la fin d’un amour et du début d’un autre. On y perçoit la vie qui (inter)agit sur l’écriture de l’œuvre en cours.

     L’écriture est belle, sans fioritures. Philippe Besson a une attention particulière à la langue et au rythme. Le récit oscille entre ralentis - lenteur du processus d'écriture et des corps-à-corps des amants - et accélérés. Tout cela coupé net par le coup de fil qui annonce l'accident de François, le mari de Louise.

     On est pourtant prévenu dès la sentence initiale : la pesanteur zénithale du soleil d’Italie en jette quelques-uns dans la folie. Est-ce une folie de Louise que de se laisser porter par son corps dans cette aventure ? Peut-être pas tout à fait, car le cœur ne tarde pas à suivre : " A quoi reconnaît-on qu'on est amoureux ? A la morsure du manque ? Au besoin d'être avec l'autre, plus souvent que le temps imparti ? A la pensée qui vagabonde ? Au seul fait qu'on se pose la question ? Depuis combien d'années ne s'est-elle pas posée la question ? " (p.166)
 

    Tout est écrit dans cette scène d'ouverture où l'été méditerranéen, sa torpeur et son silence, sont très justement décrits.

    L’atmosphère installée, Philippe Besson nous place dans la peau de Louise, une femme qui a mis l'écriture au cœur de sa vie. Pour autant sa communication passe assez peu par les mots. Ces derniers ne seront employés que dans la confrontation avec son mari où les paroles sont des flèches servant un combat déjà joué.

    Le récit est surtout le discours des silences. Des silences chargés, violents parfois. Où ce que l'on tait passe par les gestes et les expressions. Les descriptions de ces silences sont ainsi très belles.

    Louise fuit François. Elle le fuit, le laissant seul dans le quotidien pour écrire son livre, seul dans sa convalescence pour vivre sa passion et ne pas affronter sa douleur et sa souffrance.

    L'histoire racontée est d'ailleurs hautement cinématographique - le récit est en actes, les chapitres sont des scènes, le décor et l'atmosphère sont posés dès l’ouverture, les ellipses temporelles font avancer le récit, les entrées des personnages sont travaillées – le jeune homme est comme précipité dans la vie de Louise, François prend corps par son accident, etc.

    Le créateur tire les ficelles : «  Sur la plage, un sac plastique est entraîné par le vent, il roule, interrompt sa course folle et la reprend, soulevé à nouveau, balloté, il virevolte, monte haut et chute lourdement, avance précipitamment puis recule brièvement, semble la proie d’un esprit facétieux ou dément.  » [p.48]

    En bref, un livre émouvant, juste et beau.

Extrait que je retiens :
 
" Ce serait plus simple s'il s'agissait seulement d'un adultère. Plus simple que la fin d'un amour, le commencement d'un autre." (p.167)

       
Musique :